quatre vingt dix jours

11 mai 2011

Texte d'introduction

Minoh, Stockholm, Pitsanulok, Joburg, Ho chi minh ville, tant de lieux, tant de gens, tant de souvenirs... Pour Maxime comme pour moi, ces noms de villes aux consonances lointaines évoquent à jamais nos moments de vie les plus forts, marqués par d'innombrables rencontres, par l'inattendu et la curiosité réciproque, par les surprises gustatives et les échanges spontanés.

J'étais à Los Angeles lorsque Maxime atterrissait pour la première fois au Vietnam, je goutais mes premiers koksisters à Stockholm lorsqu'il ralliait Tokyo à Hirakata en vélo. Nous aurions pu nous croiser à l'aéroport d'Eathrow, ou celui de Kuala Lumpur, moi avec mes bagages et lui avec son éternel sac à dos , entre deux avions. Nous aurions pu échanger quelques phrases et quelques verres dans un café à l'autre bout du monde, écrasés par la chaleur et nous aurions pu vous faire le coup de la carte postale exotique... Mais c'est finalement à Besançon, que nous fîmes connaissance. Et comme deux nomades de cœur et d'expérience, en transit entre mille vies, c'est là que nous nous reconnûmes.
L’un et l’autre nous sommes des observateurs, des habitués des départs déchirants et des retours où tout a changé, des grognons aussi (ce travers tellement français!) devant nos contemporains, ces gens qui se meuvent sans jamais vraiment voyager.
Avec le recul, cette amitié semblait tomber sous le sens.


Alors aujourd'hui, ce livre l'atteste, quoi de plus naturel que cette correspondance écrite et dessinée? Correspondance au sens d’un échange épistolaire, lui au Japon, moi ici, à Besançon.

 

Dans ce curieux livre, qui parle donc du Japon bien sûr, mais aussi de la Franche Comté et de sa belle capitale, parfois l’écrit répond aux dessins, parfois il s’en inspire, simplement comme lorsqu’une lettre en amène une autre sans qu’il y ait nécessairement de réponse à proprement parler, mais juste le désir d’établir un continuum de réflexions et de témoignages comme pour abolir une immense distance.

Mais il arrive aussi que le deuxième sens du mot correspondance se fasse jour, comme lorsqu’on dit de deux pièces d’un puzzle qui s’ajustent, qu’elles correspondent parfaitement l’une à l’autre.

 

Parfois aussi il évoque ce que Glissant appelle le « Toutmonde », ce monde archipel si créolisé qu’il est bien difficile de le penser aujourd’hui dans de simples termes exotiques.

Il évoque l’âpreté de cette problématique si contemporaine de l’inassignable, mais comme on le ferait entre amis autour d’un verre de saké ou de savagnin. Ici ou là bas.

L’identité du breuvage comptant moins que le sentiment qui lie les convives.

Et si c’était cela le secret de cette entreprise ?

 

LD & MP

 

 

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06 septembre 2010

Dernier jour a Minoh

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Posté par laumax à 09:50 - Commentaires [3] - Rétroliens [0]

05 septembre 2010

J'aime bien cette idée du voyage dans le voyage. L'excursion qui arrive pour confirmer qu on est maintenant un peu installé dans le pays, qu'on y réside ici ou là et qu'aller ailleurs,plus loin que ce lieu qui nous abrite c'est encore plus voyager...

Mais il y a autre chose dans ces derniers dessins, est ce parce que je les sais derniers justement ou plutôt parce que je les pressens déjà lourds des regrets de tout départ.

Ce qu'on a pas fait, ce qu'on aurait du faire, et, surtout, ce qu'on aurait pu...Le temps déchire la géographie voilà c'est fini.Mais ce n'est pas fini jamais: ce bout d'île, cette personne avec qui on se disait que peut être...cette adresse formidable où il fallait aller diner ...Voilà c'est fini, trop tard," on ferme ! ",d'ailleurs l'avion attend déjà...

Je détestai, adolescent, ces moments de fin de concours où une voix désagréable couinait "allez lever vos stylos !..."

La copie doit être rendu, je songeai alors aux milliers de lignes rentrées, à toutes ces pensées avortées, à ces mots stoppés net dans leur timide inscription , je me disais cela ferait un sacré bon devoir...Voilà avec le voyage c'est pareil, lève ton stylo Max ils vont ramasser les copies !

Reviens nous avec les visages seulement croisés, avec les rendez vous manqués, les amours effleurés, les restaurants entr'aperçus, les salles que tu as trop hésité à fréquenter, les rues où tu t'es dit:" là  il faudra que j'y revienne plus longtemps" et toutes ces choses qu'on se promet de faire quand l'espace nous fait croire dans son exotisme enfantin qu'il l'a emporté sur le temps...Alors que nous le savons bien au fond de nous que c'est lui qui règne en maitre: tic tac tic tac tic tac...

Mais hauts les coeurs Max ! Car tu l'as eu quand même ce Chronos qui n'aime rien tant que dévorer ses enfants: tu as dessiné.

Il aura beau faire, sonner la retraite, le rappel, ou la fin de la récré, c'est trop tard, ton japon est et sera toujours là dans ces traits.Mes lignes et tes traits, moi ici, toi là bas, nous avons donné au temps qui passe une belle leçon de suprématie d'espace .En somme nous avons écrit à quatre main un livre de voyage infini...

Ne sois donc pas triste mon ami tes "sayonaras" auront toujours des allures de "bonjour ! "

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04 septembre 2010

Yuki

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Baignade

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02 septembre 2010

Voyage à Koyasan

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26 août 2010

Sado, la cérémonie du thé

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23 août 2010

Ballade à Kyoto

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22 août 2010

Un petit tour au video club tsutaya

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21 août 2010

En fait nous sommes tous des Bouvard et Pécuchet.J'insiste: nous portons en nous un véritable dictionnaire des idées reçues.Une île grecque doit être blanche et bleue avec des petites maisons de chaux et c'est pourquoi aborder à Samothrace déçoit souvent par exemple: de grandes maisons ocres à étages presque byzantines ou slaves, des forêts de feuillus. Bref, on y croit pas, Vénus ou pas Samothrace refuse de jouer "lézilegrek" .

De même ici "leujapon" n'y est pas .Où sont les avenues bondées, les embouteillages monstres, les immeubles à néons gueulards mmhmm ? Des ruelles ombrées à la fraîcheur qu'on imagine bienfaisante, des rues calmes , quasi désertes et toujours ces arbres, ces feuillages que tu fais si bien tanguer entre le bâti. Bref, sournoisement, tu nous renvoies à notre ignorance du Japon. "Leujapon" dont parle les journalistes qui y passent en coup de vent (c'est le cas de le dire puisqu'ils viennent seulement y couvrir quelques typhons ravageurs  ou tremblements de terre ) comme les touristes pressés de chercher la confirmation de leurs préjugés tandis que le Japon, lui, leur échappera toujours.

Car je sais qu'il faut avoir avant tout du temps pour découvrir un pays jusque dans sa façon de nous détromper sur ce qu'on croit savoir de lui. D'ailleurs autant se le dire entre nous, dans ce cas on ne le "visite" pas vraiment. Ainsi, combien de fois après cinq ou six ans passés en Californie ou en Afrique du Sud je me suis vu reprocher par des gens de passage: "comment vous n'avez pas vu tel musée,fréquenté telle plage pourtant mentionnés comme incontournables dans tous les guides ? " Non, je le confesse avec un peu de honte, je me suis toujours dit que j'aurais le temps, que j'irai un jour à la sortie du bureau.En revanche, le pays je l'ai découvert dans ses rues où logeaient des amis,dans ses places sans monument particulier où je faisais mes courses, sans même de paysage exceptionnel, non, juste dans cette inimitable mélange d'aspects, de bruits et d'odeurs qui, si l'on arrivait à le recréer artificiellement devant moi aujourd'hui, me ferait repartir là bas à l'instant même.C'est ce Japon que tu nous offres pas le temple à visiter ni le lieu cent fois photographié par les guides et les manuels scolaires.Ce Japon si loin de ce" leujapon" des gens pressés d'en finir lorsqu'il se déplacent.

D'ailleurs,en y songeant bien, ils s'épargneraient nombre de désagréments en filant de suite sur la case "diaporama du retour" en évitant tout le voyage et nous, sur place, bien des files d'attente .

Peut être même qu' alors,on irait les voir les sites à ne pas manquer,qui sait...

Posté par laumax à 18:11 - Commentaires [3] - Rétroliens [0]